1
Comment voyager dans le temps au gré de sa pensée pour secouer le passé, sans courir le monde et se retrouver seul ? Faire ce qu’il faut et imaginer un vrai sens à sa vie, sans oublier de chanter une certaine joie de vivre afin d’aimer sans se poser de question.
2
En moi, un chant d’oiseau éveille mes sens et le souvenir des années de bonheur ressurgit.
Dehors, le chant d’un oiseau vibre dans le silence de la nuit.
En moi, une fleur qui s’épanouit ranime des souvenirs d’enfance dans le jardin des merveilles.
Dehors, les fleurs forment un tapis multicolore et odorant.
En moi, une mer agitée fait naître un sentiment de toute puissance et de liberté.
Dehors, la mer agitée rejette ce qu’elle ne peut digérer.
En moi, un tremblement de terre évoque les souffrances des personnes qui y sont confrontées et remplit mon cœur de tristesse.
Dehors le tremblement de terre dévaste le paysage, laisse des cicatrices à la terre et terrorise les humains.
En moi, une tempête ranime des souvenirs de terreur blottie au creux d’un escalier protecteur.
Dehors, la tempête plie les arbres comme de simples allumettes et fait voler les tuiles des maisons.
En moi, des gouttes de pluie, tombant sur la vitre, apportent une musique douce et délicate qu’il m’est agréable d’écouter.
Dehors, les gouttes de pluie s’abattent sur la terre, formant des petites mares qui éclatent sous les pieds des passants.
En moi, un printemps est synonyme de renouveau après une longue léthargie
Dehors, le printemps ranime le paysage en faisant éclater les couleurs de la vie.
3
Face à la mer, assis sur une pierre, le poète écrit avant que la lune n’apparaisse. Derrière lui, la rue est encore assourdissante et le parfum des roses qui la bordent s'estompe doucement. A côté de lui, un voyageur s'arrête un instant pour admirer le vol d'un aigle à l’horizon. Sent- il cet esprit de liberté qui court dans le zéphyr ? Entend- il au loin la chanson de la liberté qui vibre dans ce décor ?
4
L’arbre dit au champignon, abrite-toi dans mes racines, je te protègerais
Le champignon dit au vers de terre, ne touche pas à mon chapeau, tu vas l’abîmer.
Le vers de terre dit au moucheron, il n’est pas aimable celui là, je m’enterre.
Le moucheron dit au vent, ne souffle pas si fort ça me fait frissonner.
Le vent dit au nuage, va rejoindre les autres et fait tomber tes larmes de pluie.
Le nuage dit à la pluie, arrose un peu la terre, elle sera satisfaite.
Et la terre dit : merci car l’arbre qui est planté en moi en avait bien besoin.
5
L’agitation de Jacques Nerf est à son comble. Il cherche depuis des heures à recoller les événements du passé. Après avoir tout retourné dans le grenier de sa grand-mère, l’aiguille du temps s’est arrêtée, lorsqu’il découvre la photo d’une femme qu’il connaît bien. Odile Rie est là, radieuse sur le papier jauni. Bien que des touches d’humidité semblent dessiner comme un masque sur son visage. C’est bien elle. Il voit très nettement son petit air amusé qui le nargue et le défie de retrouver la suite de son histoire.
6
La voix s’élève pure et claire au-dessus de la foule
On dirait qu’elle veut prendre son envol vers l’infini.
Songe que des hommes ont vécu ici
On dirait que le temps a voulu effacer leurs traces.
Le miroir n’est que le reflet de nous même
On dirait qu’il nous joue des tours parfois.
La tour s’élève fière et hautaine vers le ciel
On dirait qu’elle gratte les nuages.
Disparaître à l’horizon,
On dirait un mirage au-dessus du désert.