1
Je reviens après longtemps sur les lieux de mon enfance, période privilégiée par l'insouciance et la liberté. J'imaginais bien que tout aurait disparu, mes souvenirs, les couleurs, les parfums, les espaces de jeux, et même les rues. En réalité, c'est qu'il n'y a plus rien qui me rappelle ma petite jeunesse. Un tremblement de terre peut-être qui fait qu'il n'y a plus rien qui ressemble au passé. Je suis hébétée par tous ces changements.
Un nouveau monde, une ville a remplacé le village que j'aimais tant. Je n'aurai pas du faire ce voyage pour autant de déceptions. Je repas le cœur lourd. Je n'ai pas le courage de décrire ce que j'ai vu. Je garde en moi les mots, les images de ce qui était "avant".
2
Je suis sur le point de perdre cette vue de ma fenêtre du 15ème étage. Lorsque tout sera écroulé, j'essaierai de ne plus regarder en arrière mais penser au présent, aller de l'avant, oublier cette catastrophe. Quel gâchis ! Toute cette matière qui va s'effondrer ! Et après quel sera le paysage?
Je ne reviendrai plus sur mes pas, je veux effacer toute cette vie qui me conduit à cette disparition, cette négation. Quelle déchirure. Aurais-je la force d'aller plus loin?
3
La couleur du ciel voyage vers la lumière. Bonjour le chat ! Mon amitié pour toi n’est pas une utopie.
C’est une utopie d’atteindre la lumière, la couleur du ciel attire les yeux du chat qui souhaite un grand bonjour en revenant en toute amitié de son voyage.
Les yeux du chat regardent la lumière. L’amitié est en couleur, mais le voyage une utopie. Le ciel nexplose comme un joyeux bonjour.
Le voyage de la lumière s’allonge jusqu’au ciel.
Un bonjour en couleurs s’adresse au chat et ses yeux flairent l’utopie.
4
Choses dont on se souvient toute sa vie :
Une enfance bien remplie avec les copains et les jeux que l’on fabrique ensemble.
Le baigneur noir que mon frère m’a apporté de Paris, lourd de significations à mon esprit.
Les tourbillons de la pensée :
Pour le moment je suis sereine, ce qui n’a pas été toujours le cas.
Choses à rencontrer le long de la rivière :
Le mouvement de l’eau, tantôt vif et galopant, tantôt ruisselant et glissant sur les pierres verdâtres et lisses.
Choses qui rendent ridicules :
Un accoutrement
Le snobisme
5
Fontaine. Elle venait y boire chaque jour.
Elle était comme l’eau, vive et transparente.
Le chuchotement qu’elle percevait à ses oreilles n’avait rien d’un bruit.
C’était une rumeur qui avait son origine au fond des bois.
Quelque chose claquait dans le vent. Il semblerait que c’étaient des battants métalliques.
D’une fenêtre de la tour, elle apercevait des animaux difficiles à identifier à l’œil nu.
Au bout d’un moment, on ne les vit plus, ils ont disparu, ne laissant derrière eux qu’une trace presque invisible.