Texte de Régine

Samedi 24 mai 2008

1

 

Longtemps après que les poètes semblent disparus,

un voyageur solitaire

avance  le nez en l’air

et les mains dans les poches.

Il s’arrête et regarde la mer.

« Rien ne sert de courir !» pense-il                      

Comme le vagabond, le marchand de bonheur,

chante la liberté.

Pour lui, la liberté est une route. . .

Loin de la rue assourdissante,

il marche lentement,

cueille une rose,

se laisse caresser par le doux Zéphyr,

puis, tel un aigle noir, s’envole dans le ciel.

 

« Toujours dans la lune !» lui dit son père.

 

 

 

2

 

Choses qui éloignent :

La froideur d’un regard. La rudesse des mots. Une odeur nauséabonde. La peur de l’autre.

 

Choses qui donnent envie de se lever le matin

La bonne odeur du café. La pensée d’une bonne journée en perspective.

 

Les joies de l’été

Une ballade en montagne. Les fleurs dans les champs. Le chant des oiseaux.

 

Les choses insignifiantes qui agacent

Quelqu’un qui renifle.

 

Les choses qui dérangent

Un bouton sur le nez. Le téléphone en pleine nuit.

 

Les choses qui rendent ridicule

Quelqu’un qui se croit malin et emploie de grands mots qu’il ne comprend pas.

Une blague qui ne fait rire personne.

 

 

Choses dont on se souvient toute sa vie

Les souvenirs d’enfance. Son premier jouet quand on n’en a pas eu beaucoup.  Sa date de naissance. Son premier amour. Une hospitalisation. Un grave accident.

 

Les choses que l’on voit long de la rivière

Le bouillonnement de l’eau sur les cailloux. Les roseaux qui agitent leurs fuseaux marron. Une grenouille qui plonge devant mes pas. Un petit pont qui relie les deux rives.

 

Le tourbillon de la pensée

Un mot, une phrase, un objet, un rien peuvent faire tourbillonner la pensée : une idée en entraîne une autre, les souvenirs affluent.

 

Douceur

Douceur du poussin, tout rond, tout chaud, tout jaune se blottissant sous l’aile de la poule.

Douceur des canetons qui s’essaient à nager, à la queue leu leu derrière leur mère.

Douceur du chaton blanc se lovant sur vos genoux en ronronnant.

Douceur du bébé ouvrant de grands yeux, émerveillé devant le sapin de Noël.

Douceur de la flûte dans le soir

Douceur d’une soirée au coin du feu.

La douceur réchauffe le cœur et donne goût à la vie.

 

 

 

3

 

Soudain, devant moi, se dresse, barrant le chemin, un énorme portail à l’air patibulaire. Et derrière lequel on entend les aboiements furieux de deux molosses. Je rebrousse chemin et pars en courant !

 

 Le portail de la vieille demeure était en fer forgé. La rouille l’avait rongé et une énorme glycine l’enlaçait de ses branches noueuses. Au début de l’été, les grappes mauves de ses fleurs faisaient au visiteur un arc de triomphe qui semblait lui dire : « Sois le bienvenu ! »

 

 


Comme le vent, le cheval file à travers la plaine.

 

 


Tirant la langue, à moitié couché sur sa table, Bruno faisait sa page d’écriture, les doigts déjà tachés d’encre crispés sur sa plume.

 

Je suis triste en pensant qu’un jour prochain on va démolir ma tour. La « déconstruire » comme on dit maintenant. Mais ce n’est pas moins triste !

 

La petite fille pâle, derrière sa fenêtre, regarde tristement les enfants qui jouent sur la place. Le soleil brille mais la maladie la retient à la maison.

 

 

 

Sur la place, inondée de soleil, la fontaine, comme un aimant, m’attire. Goulûment je m’y désaltère et me rafraîchis le visage.

 

 

 

Vive comme l’éclair, une couleuvre me file entre les jambes et s’enfuit dans les fourrés. Quelle frayeur !

 

 

 

Ce bruit, persistant,  régulier, un peu étouffé, dont je ne connais pas l’origine, m’inquiète un peu et je m’arrête, hésitant à poursuivre ma route par ce chemin inconnu.

 

 

 

De son chapeau, le magicien, à la grande joie des enfants, fait apparaître et disparaître toutes sortes d’objets les plus hétéroclites.

 

 

4

 

 

 

 

 

Bonjour, dit le chat, je pars en voyage à la recherche de l’amitié. Certains me diront que c’est une utopie, mais moi, j’y crois ! Je me laisse guider par la lumière dorée, les couleurs des saisons ou les tons marcescents du ciel au couchant. Je me baigne dans l’arc-en-ciel. Je marche en rêvant, le nez en l’air et les cheveux au vent. Tu n’as pas de cheveux puisque tu es un chat, me direz-vous ? Et pourquoi pas, tout est possible dans l’imaginaire !
Par web Léon
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