Lundi 26 mai 2008

1

 

Il se souvient de ce voyage. Il l’avait attendu longtemps, très longtemps. Trop longtemps même.

Au moment où il avait enfin pu faire sa valise, il s’était senti envahi d’une angoisse irrésistible. Des questions se bousculaient à présent dans son esprit : « Comment est devenu ce pays aujourd’hui ? Et le village – mon village – vais-je le reconnaître ?  Et Pourrai-je retrouver ses couleurs auxquelles je ne pensais qu’avec nostalgie ? Et la lumière qui me manquait tant ici, dans cette ville grise, existe-t-elle vraiment ? Ou bien peut-être n’est-elle que le produit de mon imagination ou même une utopie ? Trouverai-je quelqu’un pour me souhaiter la bienvenue, me dire seulement bonjour ? »

Il sortit de la chambre, en prise avec ses doutes, leva les yeux au ciel, y vit les étoiles. Il aperçut un chat au loin.

Et enfin, il songea à Mohamed, à son amitié fidèle, à ses questions existentielles :

« Connais-tu le sens du mot marcescent ? ». Il se mit à rire.

 

 

2

 

Choses dont on se souvient toute sa vie :

Son premier enterrement, l’attente d’une éclipse de lune, son prénom.

 

Les tourbillons de la pensée :

Chercher, chercher des idées et perdre les précédentes.

 

Douceurs :

Toucher une plume, manger des cerises dans l’arbre, une mélodie

 

Choses à rencontrer le long de la rivière :

Les restes d’un feu, des pierres qui glissent, un héron

 

Choses qui éloignent :

Une trahison, le temps qui passe

 

Choses qui donnent envie de se lever le matin :

Un oiseau qui chante, le projet d’une balade à la mer

 

Les joies de l’été :

La luminosité, porter des vêtements amples, l’imprévu

 

Choses insignifiantes qui agacent :

Des chaussettes qui traînent, une sonnerie de téléphone stridente, la voiture qui ne démarre pas le matin

 

Choses qui dérangent :

Le slogan : « la France aux Français »

 

Choses qui rendent ridicules :

Mettre le bouton du lundi avec celui du mardi

 

 

 

3

 

Fontaine : Trévi, l’Italie, l’eau, l’été

 

 

Avoir l’esprit vif est une qualité nécessaire à l’humoriste

 

Bruit. Celui-ci me pèse, m’oppresse, m’empêche de retrouver la sérénité. Il est usant.

 

 

La question de l’origine, vaste débat philosophique

 

 

Il peut être ouvert, cadenassé, accueillant, rouillé, bien gardé par des chiens féroces, ou coloré, tout fleuri, attendant l’invité

 

 

L’écriture ou la vie, roman autobiographique très poignant

 

 

Une tour montait vers le ciel, magistrale. Etait-ce Pise, Babel, un gratte-ciel de Taiwan ou seulement une illusion d’optique ?

 

 

J’aimais l’expression « une fenêtre ouverte sur le monde. »

 

 

Disparaître : ce que l’on souhaiterait après une gaffe magistrale.

 

 

Il rayonnait comme si il avait découvert un trésor.
Par web Léon - Publié dans : Texte de Claire
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Lundi 26 mai 2008

1

 

Je dis au chat qui déambule sur le muret que l’automne est encore loin d’arriver. N’est pas encore venu le temps du passage, de l’angoisse, comme celle qui doit saisir les feuilles sur le point de tomber. Nous avons encore le temps, et même une certaine liberté, de profiter des paysages dont la chaleur révèle l’élégance. Je demande au chat s’il veut bien daigner m’accompagner dans mes pérégrinations à vélo. Je voudrais tant que la face du monde respire pour moi et déploie toute son amplitude sous mes roues. Mais pour cela, il faudrait que je me décide à partir, ah oui, partir, partir… Mes hésitations me laissent un goût d’inachevé, comme ces esquisses de dessins encore accrochées aux murs de la bâtisse en ruine. Mais elles laissent aussi intacte ma curiosité. Pour l’instant, c’est le chat qui me regarde avec curiosité. A sa façon, je me sens en suffisance avec moi-même. La lumière environnante qui nous réveille et nous grandit nous rend chlorophylliens. Et nos ombres sont là, tapies derrière le muret. Elles nous ancrent dans le territoire. Nous suivront-elles ou devons-nous rester près d’elles ?

 

 

2

 

En moi, une mer ondoie à l’image d’une marée de sentiments qui a l’apparence de tourments.

Dehors, la mer que je recherche a l’apparence d’une consolation.

 

En moi, un vent me souffle à l’oreille les paroles de Montaigne : ils ont la jeunesse et les forces en la main, et par conséquent le vent et la faveur du monde.

Dehors, le vent m’aguiche en me proposant de disposer de sa puissance.

 

En moi, un soleil me rappelle avec Victor Hugo que les plus sombres d’entre nous ont eu leur aube éblouissante.

Dehors, le soleil déploie malgré tout quelques rayons chaleureux que j’imagine m’être destinés.

 

En moi, une étoile s’échine à briller afin de me rendre brillant mais elle a bien du courage ; du courage, vraiment ?

Dehors, l’étoile qui s’échine à briller parmi tant d’autres a bien du courage ; du courage, vraiment ?

En moi, une tectonique des plaques se produit chaque matin au réveil, me met en branle et en colère car elle veut dire que j’ai vieilli d’une nuit de plus.

Dehors, la tectonique des plaques, qu’elle se manifeste de façon visible ou souterraine, arbore le symbole de la mouvance ; tout n’est qu’imbrication et mouvance.

 

En moi, un magma ne cesse de parcourir mes vaisseaux sanguins, et je redoute le jour où son flux ralentira, cessera.

Dehors, le magma en rut sous la croûte terrestre s’élance vers de nouvelles créations, destructions.

 

En moi, un météorite d’espoir me traverse parfois l’esprit.

Dehors, le météorite, qui s’est écrasé au Yucatan il y a des millions d’années et qui a provoqué la disparition des dinosaures mais sans annihiler l’existence des reptiles, tend à me laisser croire qu’au milieu du pire survit parfois comme un petit espoir.

 

3

 

Malgré le graillon dans lequel ils se traînent, les pieds annoncent au flanc de la montagne que la loi de la pesanteur est bien pesante parfois.

La montagne élève la voix pour dire à la neige qu’elle a bien des chances de trouver ses flancs pour se poser ;

Ce n’est pas du flanc quand la neige se confond en excuse auprès du sol qu’elle glace.

Le sol, en fait, la remercie de le rafraîchir après tant de mois sans pluie.

C’est sans retenue que la pluie s’en prend à la loi de la pesanteur qui n’a pas été assez forte pour la faire tomber.

La loi de la pesanteur gronde son ras-le-bol de se faire toujours conspuer.

 

 

4

 

Le trajet avait été long. Il lui avait paru long. La route, ou plutôt faudrait-il parler de piste, avait été rendue encore plus mauvaise que d’habitude à cause des pluies des jours précédents. Les ornières, la boue, les cailloux et les branchages, le début d’état d’ébriété du chauffeur avaient considérablement ralenti la jeep qui rapprochait Odile du campement des Indiens Mawai-Kawai situé au cœur de la forêt amazonienne. Le chauffeur ne parlait pas anglais ni espagnol, les deux seules langues étrangères qu’avait étudiées Odile. Il ne baragouinait qu’une sorte de dialecte brésilien qui ne sonnait pas très orthodoxe aux oreilles d’Odile. Il paraissait plutôt rustre, sale et antipathique aux yeux d’Odile. Peut-être ce sentiment d’antipathie était-il réciproque : Odile devait paraître bien apprêtée et hautaine aux yeux du chauffeur. Il bruina pendant toute la durée du trajet et la jeep était dépourvue de capote. Le ciel était gris, bas, l’atmosphère chaude et humide, la présence de la forêt et les cris d’animaux se faisaient de plus en plus proches à mesure que la jeep progressait, et tous ces éléments contribuaient à développer un sentiment d’étouffement pour Odile. Mais elle avait appris à rester digne et flegmatique en toutes circonstances. Elle n’avait pourtant jamais fait face à ce type de situation et elle sentait une sensation de malaise et même d’angoisse monter en elle. Elle se demanda vers quoi son escapade allait déboucher. Elle eut le temps de se poser moult questions au cours des longues et pénibles heures que dura le trajet. Elle se demanda même si elle arriverait finalement à sa destination. Tout avait l’air du traquenard, et elle appréhendait qu’il ne se referme peu à peu sur elle, impuissante mais lucide. Mais, pour lors, il s’agissait pour elle de garder son calme et de ne rien montrer de ses angoisses. Elle fut presque tentée d’accepter de boire à la bouteille de téquila que lui tendit le chauffeur à de nombreuses reprises, mais céder aurait été comme un aveu de faiblesse, alors elle tâcha de rester ferme dans son refus.

    La nuit commençait à tomber et tout prenait un air de plus en plus inquiétant. Odile voulut profiter des derniers instants de luminosité pour observer à nouveau le contenu de la boîte qui l’avait amenée dans cette région reculée du monde. C’était une vieille boîte en métal rectangulaire qui contenait une aiguille, tout du moins ce qui ressemblait à une grosse aiguille blanche, et une photo. C’était une photo de masque. Une vieille photo en noir et blanc du début du vingtième siècle, avec les rebords découpés en dentelles. Le masque était porté par une femme indienne en position de danse, et paraissait avoir une taille démesurée par rapport à la stature de la femme. Derrière la photo, une légende : « Masque Ulumaru des Indiens Mawai-Kawai. Le masque est incomplet : il lui manque une aiguille pour être dotée de tous ses pouvoirs ». Odile repensa  à la mission que lui avait confiée son directeur de thèse en ethnologie : « Vous vous rendrez chez les Mawai-Kawai, une peuplade découverte par mon professeur de sociologie en 1931. Vous leur rendrez l’aiguille que je vous confie, que ce cher  vieux professseur leur avait dérobée avant son retour. Tâchez également de résider un moment parmi eux afin d’en rapporter une étude de terrain qui ne manquera pas de valoriser votre thèse ».

    Odile se demanda pourquoi elle avait accepté l’offre de son professeur. Une pointe de regret se développait en elle. Comment avait-elle pu si rapidement basculer du cadre feutré de ses études universitaires, de son cocon de jeune fille préservée des dangers du monde, à cet environnement où tout avait l’air farouche et hostile. Elle l’avait ressenti dès l’instant où elle avait atterri dans la clairière qui tenait lieu d’aéroport à ce village brésilien implanté au cœur de la forêt amazonienne. C’était un de ces villages-frontière marquant la limite entre la forêt vierge et la partie défrichée destinée à l’exploitation industrielle de la terre, afin d’y faire paître du bétail, pousser du soja et du maïs transgénique et toute autre plante pouvant servir à la fabrication de bioéthanol. Elle ne resta pas longtemps dans ce village, en fait jusqu’à l’arrivée de Joao qui devait la conduire chez les Mawai-Kawai, mais elle perçut d’emblée l’atmosphère de méfiance, de défiance, de tension qui régnait. Entre les paysans et les propriétaires fonciers ou leurs représentants ; entre les propriétaires fonciers et les défenseurs de la nature ; entre l’armée et les trafiquants de bois et les chercheurs de minerais précieux ; entre tous ceux-là et les Indiens. Plus de cinq siècles après le début de la conquête de l’Amérique par quelques puissances occidentales, ils dérangeaient encore, ils étaient encore de trop sur cette terre si peu nombreux qu’ils restaient. Odile se sentit projetée dans un univers de far west, tout du moins dans l’image qu’elle avait du far west nord-américain du dix-neuvième siècle. C’était essentiellement un univers d’hommes, d’hommes dont l’autorité reposait surtout sur la force et la violence, où l’hostilité pouvait se lire sur tous les visages, humains, non-humains. Les dents de chaque être vivant avaient l’air acéré pour mordre et déchiqueter, les ongles se muaient en griffes contondantes et venimeuses, les yeux étaient jaunes comme ceux d’un rapace prêts à attaquer, les poils ressemblaient à des lames extrêmement affûtées. Ça ne puait même pas la mort mais la gangrène. Tout tout tout semblait avoir une odeur de pourri tant tout tout tout semblait glauque et répugnant. Les hommes, les bêtes, la nature. C’est beurk. Odile repensa à cette expression qu’elle employait pour désigner quelque chose qu’elle n’aimait pas quand elle était petite. Voilà ce que lui inspirait la région dans laquelle elle avait atterri : du dégoût et de la régression. Son savoir, sa rationalité, son mode de pensée n’avaient plus cours en cet endroit. Elle le savait ; elle le sut dès qu’elle était arrivée. Mais il s’agissait de ne pas le montrer. Elle se raccrocha alors à un inattendu sentiment de supériorité qui naquit en elle, à l’encontre de la morale généralement attachée aux études qu’elle avait entreprises. Elle ressentait cela comme un moyen de préserver une partie de sa dignité d’être intellectuel. Cependant, plus la jeep avançait, plus elle sentait son esprit chavirer, basculer, vers quoi elle n’aurait pas su le définir avec précision, mais ce ne pouvait être que vers le danger de sombres profondeurs.

    Tout à coup, la piste s’arrêta net. Devant se trouvait la forêt. A gauche, la forêt. A droite, la forêt. « Algui, algui », ne cessait de lui répéter le chauffeur en lui désignant la forêt qui leur barrait la route. Odile imagina que cela correspondait au « aqui » espagnol, c’est-à-dire « ici », c’est-à-dire l’endroit où elle devait retrouver un certain Jacques Nayr. Mais elle s’était demandée depuis le début si cette personne existait vraiment car personne n’avait pu lui épeler une orthographe précise de son nom. Ses interrogations étaient confortées par le fait que cette personne, si tant est qu’elle existât, si tant est qu’elle portât ce nom, ne se trouvait pas au lieu de rendez-vous. Elle était sûre de ne pas s’être trompée de date, mais elle vérifia quand même dans son petit carnet. Elle se dit qu’elle était arrivée trop tard et que ce Jacques avait dû repartir pour une quelconque raison. Odile repensa à cette notion d’ « Indian time », l’heure indienne, souvent employée pour désigner et dénigrer le laxisme des Indiens envers la ponctualité, leur notion extensible du temps. Elle était surtout employée pour les Indiens d’Amérique du Nord. Peut-être le rapport au temps était-il encore différent ici. A quoi alors pourrait lui servir sa montre ? À quoi bon alors les calendriers et les agendas ? Les rendez-vous ? La pluie s’était calmée et Joao n’avait pas l’air plus inquiet que ça et commença à installer un bivouac. Il n’avait pas l’air plus éméché qu’au départ, malgré les deux bouteilles de téquila qu’il avait bues. Peut-être que ce qu’Odile avait pris pour de l’ébriété était en fait autre chose, un petit grain de folie, un petit handicap physique, une légère déficience intellectuelle ? Odile avait du mal à trouver les mots pour définir le l’étrangeté du comportement de Joao. Elle sentait bien que les mots se dérobaient ici à son esprit qui les considérait comme inopérants, inadaptés à la circonstance nouvelle. Fallait-il pour autant renoncer ? Abdiquer la pensée ? Le silence, même intérieur, au moins dans un premier temps, permettait à Odile de se composer une dignité. Mais il ne permettait pas de répondre aux questions qui affluaient à son esprit. Une déchirure, un tiraillement, décontenance et déconvenue, vacillement et ébranlement : finalement, les mots possibles pour décrire sa situation n’avaient pas disparu. Penser était encore possible. C’était rassurant. Une interpellation de Joao la tira de ses réflexions. « Gomého, gomého ». Il avait l’air de se plaire à s’exprimer par propos dissyllabiques répétés. Le son « omé » lui rappela l’espagnol « comer », manger en espagnol, et le fait qu’il lui tendait une gamelle confirma sa supputation. Joao avait eu le temps d’installer une tente, d’allumer un feu et de préparer à manger. Une sorte de mixture de haricots rouges et de viande brunâtre dont l’odeur lui rappelait la pâtée des chats de ses parents. Peut-être la viande de ce ragoût était-elle du chat ? Toute incongruité lui paraissait possible dans cet univers en perturbation. Elle goûta, et ce n’était pas si mauvais que ça en avait l’air. Joao ouvrit une bouteille de bière et lui tendit mais elle refusa en montrant sa bouteille d’eau. Il versa alors le contenu de la bouteille dans une casserole pour le faire réchauffer. Odile se souvint vaguement que c’était de cette manière que les Gaulois préféraient boire leur cervoise. Ou cela n’était-il encore qu’un de ces innombrables mythes qui encombraient la connaissance historique ? Puis Joao versa un liquide gélatineux dans la bière en ébullition avant d’y ajouter quelques baies séchées, de diluer le tout, et de le remettre dans la bouteille grâce à un filtre constitué d’épaisses feuilles qu’il venait d’arracher à un arbre. Puis il mit le récipient de côté, en attendant qu’il refroidisse. En guise de dessert, il lui tendit une espèce de pâte noire posée sur une tranche de pain. Après l’avoir vu consommer le même ingrédient, Odile en conclut que c’était comestible. Alors, elle goûta. Ce n’était pas si déplaisant, contrairement aux apparences. Ça avait un goût de réglisse et de clou de girofle. Surtout, c’était très rafraîchissant, et peut-être même apaisant. Elle se sentit mieux après avoir mangé. Joao s’éloigna quelque peu, se déshabilla entièrement puis s’enduisit tout le corps, y compris les cheveux, avec sa préparation à base de bière. Après s’être rhabillé, il revint vers Odile et lui tendit la bouteille, et il mima qu’elle devrait elle aussi se pommader le corps. Il faisait de grands gestes en poussant de petits cris et grognements, qui lui rappelaient Michel Leeb dans une publicité pour des produits anti-insectes. Voulait-il dire par là que cette substance était destinée à protéger des agressions d’insectes ? Il insista face à ses hésitations, et il ne cessa d’insister en répétant son mime sonore jusqu’à ce qu’elle finisse par accepter. Il se couvrit les yeux d’un foulard pour lui signifier qu’il ne la regarderait pas dénudée. Ensuite, Joao lui indiqua d’aller se coucher, ce qu’elle fit sans hésiter. Quand elle se réveilla le matin suivant, elle se trouvait dans le camp des Mawai-Kawai.

 

 

 

 

5

 

Dans le ciel, la mer

Tu la regardes, ils la regardent

Tu ne t’arrêtes jamais trop longtemps de la regarder

Ils ne s’arrêtent jamais trop longtemps de la chanter

La mer te semble dans le ciel

La mer leur paraît dans le ciel

Telle une chanson assourdissante

Qui hurle la liberté

Dans le ciel, la mer vole portée par l’aquilon

Dans le ciel, la mer vole portée par le zéphyr

Tu la regardes d’un œil poète

Ils la regardent avec liberté

Et dans le ciel noir, la lune,

Mignonne lune,

Qui voyage tel un puits dans la mer

 

 

6

 

Dans le ciel, la mer

Tu la regardes, ils la regardent

Tu ne t’arrêtes jamais trop longtemps de la regarder

Ils ne s’arrêtent jamais trop longtemps de la regarder

La mer te semble dans le ciel

La mer leur paraît dans le ciel

Tu la regardes d’un œil poète

Ils la regardent tout en volant

Tu regardes le ciel noir

Et dans le ciel, la lune

Tel un puits dans la mer

Ils regardent la mer

Tel un ciel qui n’a pas disparu

Les cosmonautes qui volent autour de la lune

 

 

8

 

Nager parmi les rougets et un banc de maquereaux

Imaginer que je suis à un atelier d’écriture

Cultiver un jardin en fleurs même dans le désert

Chanter, ou au moins essayer parce que ce n’est pas si facile, on chante si facilement faux

Voyager, mais s’agira-t-il de revenir ou pas ?

Courir puis ralentir puis contempler

Aimer jusqu’à quel point

Courir puis accélérer pour ne plus s’arrêter

Flâner pour penser

Secouer ses puces, des branches, un cocktail, etc, en fait il y a toujours quelque chose à secouer

Faire, oh et puis la barbe, je préfère ne rien faire

Crier dans quel but

 

9

 

C’est un cormoran qui fait sécher ses ailes assis sur le sommet émergé d’un rocher. Il vient de nager parmi les rougets et un banc de maquereaux. Il en a pêché quelques uns aussi. Il faut bien se nourrir, tout cormoran que l’on est. Mais il faut bien se sécher les plumes après avoir nagé. Parfois le cormoran s’imagine dans la peau d’un humain, mais pas de n’importe quel humain. Il s’imagine dans la peau d’un humain à un atelier d’écriture. Ce n’est pas si facile d’écrire. Ecrire, ça pourrait être comme cultiver un jardin en fleurs même dans le désert. Mais l’imagination d’un cormoran ne dure qu’un temps, ça ne peut pas durer longtemps l’imagination d’un cormoran. Flâner pour penser, ça pourrait être la définition d’imaginer. Mais c’est quand même plus une activité d’humain que de cormoran. C’est comme courir. Les êtres humains, ça court, ça court. Ils n’arrêtent jamais de courir. C’est ce que se dit le cormoran. Les êtres humains, ils prennent rarement le temps de nager parmi les rougets et les bancs de maquereaux. C’est pourtant si bon, et nourrissant. C’est une bonne occasion de joindre l’utile à l’agréable. Le cormoran assis sur son rocher s’interroge : qu’est-ce que pourrait bien aimer un être humain ? Est-ce qu’ils aiment vraiment courir ? On dirait en tout cas qu’il faut toujours qu’ils fassent quelque chose, qu’ils soient dans l’action. Quand ils ne savent plus quoi faire, ils se mettent à voyager, et ils en sont si fiers qu’ils le chantent sur tous les tons, qu’ils le crient sur tous les toits. Mais les interrogations d’un cormoran ne durent qu’un temps, ça ne peut pas durer longtemps les interrogations d’un cormoran. Le cormoran assis sur son rocher secoue ses plumes pour mieux les faire sécher. C’est si bon de prendre le temps au soleil les ailes écartées.

 

10

 

La voix qui parle énonce les mots de ceux qui n’arrivent pas à garder le silence. Savoir se faire entendre, ce n’est pas la moindre des évidences.

 

Songe ; la vie est un songe ; Calderón ; Espagne ; époque baroque ; XVIème siècle, ou XVIIème, ou avant ou peut-être après ; à mesure que le temps passe, le passé se perd dans les limbes de la mémoire, et la réalité qui s’éloigne apparaît de plus en plus comme un songe.

 

Miroir. L’envers du miroir. L’envers du décor. Chaque médaille a son revers et chaque personne son reflet. L’altérité contraire ou identique. Quand surviendra la révélation ?

 

Tour : de quel tour parle-t-on ? Le tour ou la tour ? Tour n’est pas un mot épicène. Tour est un mot polysémique. Un tour, une tour, masculin ou féminin, masculin et féminin, tous les opposés complémentaires réunis en un tour de main.

 

Disparaître : oh ben là alors, mon inspiration a disparu. Mais où es-tu passée, muse espiègle ?

 

 

11

 

On dirait que l’été se cache derrière le rideau

Pourtant c’est l’hiver

C’est encore l’hiver

Vendredi 13 mars 2009, 15h15, Saint-Brieuc

C’est encore l’hiver

Mais il fait si bon

Dehors    dedans

Il y a donc un endroit où il fait bon

                          Et peu importe la saison
Par web Léon - Publié dans : Texte de Fabrice
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Lundi 26 mai 2008

1

Je suis là. Devant moi, je vois des huttes de feuilles. Un homme me regarde. Il porte une sorte de jupe de raphia. Que fais-je là ? Je suis perdu. Comment vais-je communiquer ? Il me sourit. Il porte une chenille à sa bouche. De l’autre main, il m’en tend une. Je ne peux refuser. Cela ne se fait pas.

Ces premiers instants restent gravés dans mon esprit. Il y a déjà six mois que je suis là. Je ne comprends pas comment j’ai pu faire pour m’adapter si facilement. Je chasse au filet avec les hommes. Je ramasse des termites. Tout devrait me paraître étranger mais non. Et pourtant si ! Je les vois invoquer Edziengui, l’esprit de la forêt. Ils me parlent du likundu, l’esprit du mal qui ronge les corps. Je n’y comprends rien. Mon ancien monde me manque t-il ? Peut-être, peut-être pas. C’est bizarre. Je ne rêve pas d’automobile mais d’une bonne soupe, d’un bon saucisson ou d’un bon camembert.

Je sais que c’est fini. Ce monde a disparu pour moi ou, plutôt, j’ai disparu pour ce monde.

« Disparu pour ce monde. Disparu pour ce monde. C’est bien de toi, un tel rêve ». Gaston me regarde en rigolant. Il a bien raison.

 

 

 

2

 

Le 20 mai aurait dû être le dixième anniversaire de mon installation dans cet appartement aux couleurs tristes de la tour numéro trois. Mais je ne vais pas vivre ce dixième anniversaire parce qu’elle ne sera plus là, la tour numéro trois. On appelle cela la rénovation urbaine. Comment vais-je réagir ? Vais-je avoir une souffrance ? On me raconte que des personnes ne se remettent pas de la démolition de leur maison pour cause de nouvelle autoroute. Et moi, serais-je comme eux ou non ?

Je ne peux présager de l’avenir. Mais je crois que cela ne me fera ni chaud ni froid. Hier, Paul m’a demandé : « Et toi, la démolition de la tour, tu crois que cela va te perturber. C’est tout de même dur de voir disparaître un lieu où on a vécu aussi longtemps. N’est-ce pas une partie de soi qui part ? ».

En y repensant, je suis toujours étonné de la réponse que je lui ai faite : « Tu sais, moi, avant les tours, je vivais en Afrique où l’habitat en pisé est par nature temporaire et éphémère. Je crois que cela m’a marqué à jamais ».

 

 

3

 

 

Nager tous les matins du monde. Imaginer les bords du Gange sans eau. Cultiver des ignames près de la Sangha. Chanter le soir à Héraklion sur le port. Voyager dans sa tête en se souvenant du passé. Courir le matin après avoir nagé dans l’Amazone. Flâner dans les Ghâts. Secouer les cocotiers. Faire son beurre de coco seul sous les palmiers. Crier sa liberté.

 

 

 

4

 

Cher Luc,

Au seuil de ma vieillesse, je voyage maintenant dans ma tête en me souvenant du passé. Tu le sais, j’aimais nager tous les matins du monde. Je m’imagine encore aujourd’hui au bord du Gange ou en train de flâner dans les Ghâts. Je me revois courir le matin après avoir nagé dans l’Amazone.

Je me revois chanter le soir à Héraklion sur le port. Je sais ce que tu vas me dire : mais quand as-tu travaillé ? Je peux te le dire : voyager aujourd’hui, c’est crier ma liberté passée. Mais ne crois pas que je n’ai fait que flâner. J’ai cultivé des ignames près de la Sangha. J’ai secoué les cocotiers. Ne ris pas ! C’est vrai. J’ai fait mon beurre de coco seul sous les palmiers.

J’ai aimé cette vie, comme je le sais tu as aimé la tienne, celle de trader à New York.

 

Bien à toi,

Ton ami d’enfance

 

 

 

5

 

Je repense au film Manon des sources et à cette scène où la fontaine était vide, bien vide, annonçant la mort du village.

 

 

Vive, quatre lettres qui, pour moi, veulent dire tout simplement vivant. Vive la vie !

 

 

J’aimais le soir entendre le bruit de la pluie tombant sur les toits de bambous.

 

 

Le tableau de Courbet ne s’intitule t-il pas «L’origine du monde»?  Me dit-elle d’un air pompeux. J’avais envie de lui dire : C’est qui Courbet ?

 

 

Il va falloir que je répare mon portail. A chaque jour, son problème matériel.

 

 

Comment ? Me dit-elle. Pourquoi ne fais-tu pas la cuisine comme ta mère ? Elle te l’a bien apprise pourtant.

 

 

L’écriture ou la vie. J’aime ce titre de Jorge Semprum. Mais pourquoi le ou ?

 

 

As-tu vu la tour de Pise ? Me dit-elle. Que vais-je lui répondre pensais-je. Je n’ai vu que les quatre tours de la Croix Lambert.

 

 

«Une maison sans fenêtre pour s’isoler du monde. C’était son rêve» Me dit-il.

 

 

J’aurais aimé qu’il disparaisse de ma vue. Mais il était bien là, à trente mètres, le bras levé pour me signifier de m’arrêter. Et dire que je n’avais pas attaché ma ceinture de sécurité. Mon budget PV va augmenter.
Par web Léon - Publié dans : Texte de Hervé
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Lundi 26 mai 2008

Il y a soixante ans, aux beaux jours, ma campagne était habitée par la voix des travailleurs.

 

 

Cette phrase, je l’ai gardée pour la fin : à court d’idées, je songe…

 

 

Vais-je remplacer mon miroir brisé ? Je ne puis me résigner à le jeter.

 

 

Le paysage très fourni : terre, mer, ciel, fourrés, serait orphelin sans l’antique tour en ruine. A Cesson.

 

 

La foule compacte se pressait sur la place du marché ; un bonimenteur, parmi tant d’autres, se faisait entendre : « approchez, approchez, tout doit disparaître ! »

 

 

Toute l’assistance travaille en silence ; chacun se penche sur sa feuille et cogite, on dirait une salle d’examen.
Par web Léon - Publié dans : Texte d'Anne Marie
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Lundi 26 mai 2008
Les artistes, bénévoles, badauds et habitants se sont retrouvés pour animer le marché du dimanche matin de la Croix Lambert.















D'autres images dansl'album photos
Par web Léon - Publié dans : le programme 2008
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Lundi 26 mai 2008
23 spectateurs d'après la police,  349 d'après les organisateurs ont assisté au spectacle proposé à l'école de Beauvallon.
Plus sérieusement, une bonne centaine d'habitants du quartier ont répondu à l'invitation et ne l'ont pas regretté.



















Une ambiance de "ouf" , que l'on peu retrouver dans l'album photos "Beauvallon-le repas de quartier"

Une vidéo


Par web Léon - Publié dans : le programme 2008
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Lundi 26 mai 2008

A l'école Jacques Brel, le repas de quartier était animé par la chorale Meli Swing.






















D'autre photos dans l'abum
"Brel-repas de quartier"

Par web Léon - Publié dans : le programme 2008
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Samedi 24 mai 2008

1

 

Il est deux heures du matin. Tictac. Tictac. Je m'accroche à mon vendredi comme si c'était possible d'arrêter. En haut de mon Phare - vingt étages et des dizaines de gardiens - j'attends sans comprendre. Demain et les bruits dans les couloirs ne seront plus, et l'eau de la baignoire s'arrêtera de couler. Tictac. Le futur, trop proche pour être vrai. Mon Phare ne s'écroulera pas sous la bêtise humaine, je m'en moque de tous leurs beaux mots - projet, réhabilitation, encore, du nouveau, on va tout faire sauter, suivez-moi camarades, à l'abordage cauchemar. Je veux rester, vitres sales, table de chevet, papier peint qui se décolle, parquets délavés, des murs que j'ai tapés de poings trop serrés. Il n'y aura pas d'Océan, ni de tombeaux d'embruns. Gravats, ciment et poussière, béton, toux. Je serai un naufragé sans navire. Tictac. Qu'il tombe et je tombe aussi, je deviendrai granit. J'emporterai avec moi des kilos de rêves, tapissés aux murs, peints quand il n'y avait plus rien à l'horizon que l'horizon, parfois un bout de monde trop petit pour être avalé, et encore, je voyais grand. Mon exil ne durera pas si longtemps. Qu'il plonge et je plonge aussi. L'Homme ne crée de conscience si on ne lui la lui donne pas. Tictac. Mais ils ne comprennent pas. Où vont se nicher les marins citadins, le veilleur de la ville. Et moi, vingtième étage, sans ascenseur, tu sautes, je saute aussi.

 

 

2

 

Le voyageur disparaît, mais jamais trop longtemps. Il le sait, hurler dans le zéphyr ne lui sert à rien, alors il disparaît, mais jamais trop longtemps. Il regarde la mer, parfois, et puis la lune, souvent, et s'improvise cosmonaute quand il se détache du firmament. Il écrit son nom sur tous les murs pour ne pas perdre sa route, encore faut-il qu'il l'eut un jour gagnée. Quand il s'approche d'un puits, il regarde son visage qui se fond dans ciel qui ondule. Il est loin des poètes quand il sourit. Alors il pose son nom, encore, et disparaît, mais jamais trop longtemps. Parfois il court dans la rue, oubliant tout sur son passage, jusqu'aux paroles des chansons - Mignonne, allons voir si la rose lui donne des overdoses. Alors il disparaît, emporté par ses contraintes et ses caprices. Souvent, les gens lui demandent : "Mais pourquoi fuis-tu ?", il répond : "Pour enfin avoir une bonne raison de me perdre".

 

 

3

 

L'oiseau dit au monde que le monde ne lui suffit plus. Le monde dit à l'acacia qu'un papillon s'abandonne sur le bitume. L'acacia dit au vent que si tout était dépouillé de tout, il ne s'en apercevrait même pas. Le vent dit au chemin arrache-moi. Le chemin dit au crépuscule que le départ est partiel, mais que les démangeaisons sont réelles. Le crépuscule dit à la nuit blanche de prouver que le vin rouge. La nuit blanche dit à l'oiseau mais à quoi peuvent bien penser les réverbères en plein soleil. L'oiseau dit à l'oiseau que le monde ne lui suffit plus, et qu'il en veut au monde quand l'oiseau danse mais que rien ne chante.

 

 

4

La salle est immense. Et mon coeur trop petit. Je suis comme un chemin qu'on aurait balayé, pas de remords, pas de regrets. Pourtant, j'essaie de rétablir toutes nos abstractions, je marche dans mes pensées, je recouds un à un tous mes fragments de passion sans raison, et je me mets à aimer les gares nocturnes, les écharpes sans années, et toutes nos contradictions. On les a écoutés, nos vitrines et nos pavés, j'en ai frémi sans en rire, je lisais des paroles sans paroles et sans vent d'insouciance. Ce ne sera pas éternel en temps de crise, et si c'était à refaire, je l'aurais fait différemment. Ca fait bizarre, surtout à l'aube, et ça pleure quand on ne s'y attend pas. Je ne peux rien dire parce que je n'ai rien entendu, j'ai fait des écarts de tous ceux qui n'aiment pas, sans états d'âme, mais l'âme dans un triste état. Quand je tambourine aux portes des guitares, yukulélés en tout genre, tout remonte. Il n'a même pas eu le temps de pianoter sur les touches qui pleuvent au petit matin, c'est impossible. J'avance sans avancer, un pas en avant, deux en arrière, je nage en eaux troublées et troublantes, un geste à côté, l'autre noyé.

J'aurais aimé finir ce texte comme j'aurais dû le finir. J'ai froid, mais il parait qu'on s'y habitue.
Par web Léon - Publié dans : Texte de Perrine
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Samedi 24 mai 2008

1

 

Longtemps après que les poètes semblent disparus,

un voyageur solitaire

avance  le nez en l’air

et les mains dans les poches.

Il s’arrête et regarde la mer.

« Rien ne sert de courir !» pense-il                      

Comme le vagabond, le marchand de bonheur,

chante la liberté.

Pour lui, la liberté est une route. . .

Loin de la rue assourdissante,

il marche lentement,

cueille une rose,

se laisse caresser par le doux Zéphyr,

puis, tel un aigle noir, s’envole dans le ciel.

 

« Toujours dans la lune !» lui dit son père.

 

 

 

2

 

Choses qui éloignent :

La froideur d’un regard. La rudesse des mots. Une odeur nauséabonde. La peur de l’autre.

 

Choses qui donnent envie de se lever le matin

La bonne odeur du café. La pensée d’une bonne journée en perspective.

 

Les joies de l’été

Une ballade en montagne. Les fleurs dans les champs. Le chant des oiseaux.

 

Les choses insignifiantes qui agacent

Quelqu’un qui renifle.

 

Les choses qui dérangent

Un bouton sur le nez. Le téléphone en pleine nuit.

 

Les choses qui rendent ridicule

Quelqu’un qui se croit malin et emploie de grands mots qu’il ne comprend pas.

Une blague qui ne fait rire personne.

 

 

Choses dont on se souvient toute sa vie

Les souvenirs d’enfance. Son premier jouet quand on n’en a pas eu beaucoup.  Sa date de naissance. Son premier amour. Une hospitalisation. Un grave accident.

 

Les choses que l’on voit long de la rivière

Le bouillonnement de l’eau sur les cailloux. Les roseaux qui agitent leurs fuseaux marron. Une grenouille qui plonge devant mes pas. Un petit pont qui relie les deux rives.

 

Le tourbillon de la pensée

Un mot, une phrase, un objet, un rien peuvent faire tourbillonner la pensée : une idée en entraîne une autre, les souvenirs affluent.

 

Douceur

Douceur du poussin, tout rond, tout chaud, tout jaune se blottissant sous l’aile de la poule.

Douceur des canetons qui s’essaient à nager, à la queue leu leu derrière leur mère.

Douceur du chaton blanc se lovant sur vos genoux en ronronnant.

Douceur du bébé ouvrant de grands yeux, émerveillé devant le sapin de Noël.

Douceur de la flûte dans le soir

Douceur d’une soirée au coin du feu.

La douceur réchauffe le cœur et donne goût à la vie.

 

 

 

3

 

Soudain, devant moi, se dresse, barrant le chemin, un énorme portail à l’air patibulaire. Et derrière lequel on entend les aboiements furieux de deux molosses. Je rebrousse chemin et pars en courant !

 

 Le portail de la vieille demeure était en fer forgé. La rouille l’avait rongé et une énorme glycine l’enlaçait de ses branches noueuses. Au début de l’été, les grappes mauves de ses fleurs faisaient au visiteur un arc de triomphe qui semblait lui dire : « Sois le bienvenu ! »

 

 


Comme le vent, le cheval file à travers la plaine.

 

 


Tirant la langue, à moitié couché sur sa table, Bruno faisait sa page d’écriture, les doigts déjà tachés d’encre crispés sur sa plume.

 

Je suis triste en pensant qu’un jour prochain on va démolir ma tour. La « déconstruire » comme on dit maintenant. Mais ce n’est pas moins triste !

 

La petite fille pâle, derrière sa fenêtre, regarde tristement les enfants qui jouent sur la place. Le soleil brille mais la maladie la retient à la maison.

 

 

 

Sur la place, inondée de soleil, la fontaine, comme un aimant, m’attire. Goulûment je m’y désaltère et me rafraîchis le visage.

 

 

 

Vive comme l’éclair, une couleuvre me file entre les jambes et s’enfuit dans les fourrés. Quelle frayeur !

 

 

 

Ce bruit, persistant,  régulier, un peu étouffé, dont je ne connais pas l’origine, m’inquiète un peu et je m’arrête, hésitant à poursuivre ma route par ce chemin inconnu.

 

 

 

De son chapeau, le magicien, à la grande joie des enfants, fait apparaître et disparaître toutes sortes d’objets les plus hétéroclites.

 

 

4

 

 

 

 

 

Bonjour, dit le chat, je pars en voyage à la recherche de l’amitié. Certains me diront que c’est une utopie, mais moi, j’y crois ! Je me laisse guider par la lumière dorée, les couleurs des saisons ou les tons marcescents du ciel au couchant. Je me baigne dans l’arc-en-ciel. Je marche en rêvant, le nez en l’air et les cheveux au vent. Tu n’as pas de cheveux puisque tu es un chat, me direz-vous ? Et pourquoi pas, tout est possible dans l’imaginaire !
Par web Léon - Publié dans : Texte de Régine
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Vendredi 23 mai 2008

Ce soir à 18h30, au Centre Social a eu lieu l'inauguration d'une semaine festive: Le Léon 2008.

En pésence d'élus, bénévoles, artistes, habitants.

Les élus



















Isabelle et les manteaux













D'autres artistes du quartier

Les sculptures d''Isabelle










Les photos d'Annick










Le décor africain des enfants de l'accompagnement à la scolarité












et d'autres photos dans l'album.........."Book talents de quartier"

Par web Léon - Publié dans : le programme 2008
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